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Les propos tenus mardi par un professeur de droit ont provoqué un tollé auprès des étudiants et conduit l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne à les condamner.

« Je suivais mon cours magistral en amphi sur le droit de la famille « , raconte Marie (le prénom a été modifié), 19 ans, étudiante en deuxième année de droit à l’université parisienne Panthéon-Sorbonne. « D’habitude, on peut être 350 mais à cause du Covid, on était 70. Beaucoup d’étudiants suivaient en direct par visioconférence, chez eux. »

Aram Mardirossian, enseignant titulaire en histoire du droit à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, « l’un des seuls de la fac à enseigner en toge de magistrat à bordures rouges, précise l’étudiante, a commencé, sur son estrade, à nous dire : Je suis contre le mariage homosexuel. »

Cela c’est passé le mardi à 18 heures, dans l’amphithéâtre du centre René-Cassin. Le cours du professeur a été enregistré. Aram Mardirossian prévient : « Ce que je vais dire va prendre un ton polémique. »

« Le professeur a comparé l’homosexualité à la zoophilie, poursuit Marie. Puis il a lancé : Quelqu’un va aller dire devant les tribunaux j’ai une jument, je l’adore, mais je ne peux pas l’épouser. Il a aussi critiqué les transgenres. Ça a duré une bonne demi-heure. On ne l’arrêtait plus. Ses propos venaient de nulle part. C’était de plus en plus décousu. »

Dans la salle, personne ne pipe mot, raconte l’étudiante. « On se regardait hébétés On était choqués. » A la pause, un tiers des étudiants ont refusé de revenir dans l’amphi.

Mercredi, l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne s’est saisie de ce dossier dont le professeur Thomas Clay, président par intérim, se serait bien passé. Elle a envoyé à ses étudiants un message dans lequel l’administrateur « condamne » les propos, parle de discrimination et a saisi la référente égalité femmes-hommes et non-discrimination de l’université.

Et ce jeudi, un communiqué de presse a été envoyé aux médias, dans lequel l’université « condamne les propos tenus en cours par l’un de ses enseignants titulaires. »

Un message jugé trop court par certains étudiants, associations LGBT et la Fédération Syndicale Etudiante (FSE) de Sorbonne Paris 1. Certains réclament le renvoi du professeur.

Les propos jugés homophobes ont « fait le tour de la fac », puis des réseaux sociaux, raconte Elisabeth. « Ce n’est pas le premier dérapage de Aram Mardirossian, s’agace Benjamin (le prénom a été modifié), étudiant de licence de droit. L’administration est parfaitement au courant. Cela fait près de cinq ans que les étudiants font remonter des témoignages et qu’on interpelle la fac. »

Contactée ce jeudi, l’université répond que « l’agenda de Thomas Clay ne permet pas d’entretien téléphonique » mais les services de communication affirment qu’ « aucune information ni alerte de cette nature n’est remontée à la présidence de l’université concernant cet enseignant. » Et d’insister : « La référente est saisie du dossier. Elle travaillera de façon indépendante et rendra son rapport prochainement. On attend ses conclusions. »

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